14 rénovations où tout ne s’est pas passé comme prévu

14 rénovations où tout ne s’est pas passé comme prévu

Professionnels et particuliers racontent leurs expériences de chantiers mouvementés et leurs dénouements.

Un chantier de rénovation est souvent parsemé d’embûches et mieux vaut être bien accompagné pour les éviter. Nombreux sont toutefois les imprévus indétectables avant le commencement des travaux, et la gestion de ces aléas fait partie intégrante du métier des professionnels de la rénovation, bien armés pour trouver les meilleures solutions. Les témoignages suivants sont la preuve que tout se passe rarement comme prévu lors d’une rénovation, mais qu’il ne faut pour autant pas se décourager et perdre l’espoir d’obtenir l’habitat de ses rêves.
1. Quand le plafond s’effondre
Lorsqu’il visite pour la première fois cette maison ouvrière abandonnée de Strasbourg, le designer d’espace Roland Garcia, de Symmetry Design D’espaces, en tombe immédiatement sous le charme. L’état des lieux est pourtant déplorable et les travaux à réaliser monumentaux. Le nouveau propriétaire ne se laisse pas impressionner et se lance dans un chantier de rénovation non sans surprises.C’est lorsqu’il décide de déposer l’ancienne cheminée, qui empêchait le décloisonnement des espaces au rez-de-chaussée, que la structure de la maison a dévoilé ses faiblesses. « Le plafond du salon s’est effondré lorsque nous avons voulu retirer la cheminée et nous avons dû le refaire entièrement », raconte Roland avant de relativiser. « Les maisons abandonnées depuis plusieurs années réservent souvent de mauvaises surprises et cela n’a pas loupé ici. »Découvrez la maison de Roland
2. Quand la toiture n’est pas isolée
Lorsqu’elle se lance dans les travaux de rénovation de ce petit deux-pièces sous les toits de Paris, l’architecte Agathe Marimbert, de l’agence Marnae, ne s’attend pas aux surprises que le chantier va lui réserver. « Lorsque nous avons déposé les cloisons, une partie du plafond nous est tombée sur la tête et nous avons constaté qu’il n’y avait pas d’isolation et que le risque d’infiltration depuis la toiture était réel », raconte la professionnelle.La propriétaire des lieux a donc été obligée de revoir à la hausse son budget initialement prévu de 35 000 euros. 5000 euros supplémentaires ont en effet été accordés à l’isolation et au plaquage du plafond pour éviter les déperditions de chaleur et la surchauffe l’été. « Acheter ce type de surface vétuste et très encombrée comporte sa part d’aléas car il est difficile de tout vérifier à l’achat », tempère la professionnelle.
3. Quand les éléments de structure sont vétustes
Pour rénover cette studette de 18 m² située sous les toits, l’architecte Stéphanie Bertina Minel a l’idée de créer une chambre dans les combles. Mais, en déshabillant le plafond pour retrouver les solives et accéder à ces dernières, la professionnelle se rend compte que les poutres sont en très mauvais état : « Elles étaient parsemées de petits trous et certaines étaient poudreuses suite à d’anciens dégâts des eaux en toiture ». Les propriétaires ont donc dû débourser 5800 euros supplémentaires pour les travaux de traitement du bois, par injection, et le renforcement structurel de la charpente, après bûchage. « Comme il s’agit de la structure de l’immeuble, nous sommes intervenus auprès du syndic et avons fait prendre en charge la dépense par la copropriété », raconte l’architecte soulagée de ce dénouement.
4. Quand les solives sont à refaire
Cet appartement n’est qu’un grenier, sans eau ni électricité, le dirigeant de MCH, est contacté par les propriétaires pour le rénover. Il accepte le défi avec enthousiasme, mais ne se doute pas des imprévus qui l’attendent. Les travaux sont à peine entamés que le chef de chantier doit déjà les interrompre.« Juste après la phase de démolition, nous avons eu une très mauvaise surprise. Les solives avaient été grignotées et s’effritaient. Les poutres étaient en mauvais état. » Le professionnel mandate donc sur-le-champ un ingénieur structure et convoque une assemblée de copropriété extraordinaire car il est essentiel de renforcer l’immeuble. En attendant, les ouvriers installent des étais dans tout l’appartement pour réaliser un support de charge le temps qu’une décision soit prise. L’ingénieur structure réclame finalement la réfection des solives et la toiture, refaite deux ans auparavant, se montre assez résistante.
5. Quand l’électricité doit être mise aux normes
Lorsqu’ils déménagent dans le sud de la France, July et son conjoint décident de réaliser leur premier achat immobilier : une maison de quatre chambres avec un beau terrain extérieur, située dans un village près de Marseille. Les transformations à faire ne paraissaient pas très importantes, mais c’est sans compter sur les découvertes que la famille va faire.« Les travaux ont été plus conséquents que prévu et nous ont finalement coûté près de 50 000 euros », raconte July. Une fois la vente terminée, le compteur électrique prend en effet feu et la propriétaire se rend compte qu’il n’est plus aux normes. Tout est à changer avec l’aide d’un électricien.
6. Quand les fondations d’une terrasse sont à refaire
Toujours chez July, le compteur électrique n’est malheureusement pas la seule mauvaise surprise de la rénovation. En effet, la terrasse sur laquelle s’ouvre le salon doit aussi être refaite plus tôt que prévu, portant le budget des travaux extérieurs à 50 000 euros, en plus de ceux déjà dépensés pour l’intérieur de la maison.« La terrasse était simplement posée sur un talus, sans mur de soutien ni fondation, et commençait à s’effondrer », se souvient July avant de conclure sur l’importance de faire appel à des experts lorsque l’on souhaite acheter une maison. « Certaines choses ne se voient pas lors des visites à moins d’être un connaisseur. »
7. Quand le revêtement de sol cache une mauvaise surprise
Il suffit d’une visite pour que l’architecte Marine Encausse tombe sous le charme de cette échoppe bordelaise et en décèle le potentiel. Mais le défi est de taille : les lieux n’avaient pas réellement connu de travaux depuis près d’un siècle et la professionnelle n’avait que deux mois pour les rénover.Pendant le chantier, d’autres bâtons viennent se mettre dans les roues de Marine : « Nous avons déposé l’ancien parquet et nous avons découvert qu’il était posé à même le sol en terre sous l’échoppe. » Une nouvelle dalle est alors à créer de toutes pièces et la professionnelle opte pour un ragréage de ciment, qui dispose des mêmes caractéristiques esthétiques que le béton mais à un coût moins élevé.
8. Quand les évacuations sont inadaptées
Pour rénover cette belle maison 1930 située dans le Nord de la France, près de Lille, Corinne et Yann choisissent de prendre leur temps. Une très sage décision en raison des défis et imprévus qui les attendent.« Après l’achat, lorsque nous nous sommes lancés dans les travaux de rénovation, nous sommes allés de déconvenue en déconvenue. Le tout à l’égout n’était par exemple pas vraiment en état de fonctionnement et nous avons été obligés de faire un raccordement plus large. La salle de bains sentait aussi fort l’humidité », raconte Corinne. Mais, en prenant son temps, le couple a pu étaler ses dépenses sur plusieurs années et être plus réactif pour faire face aux mauvaises surprises.
9. Quand les murs sont sur le point de s’écrouler
Tombée sous le charme de la ville marocaine Essaouira lors d’un voyage, la décoratrice d’intérieur Karine Vaudaux, de CINK, décide d’y acquérir un riad abandonné pour le transformer en charmante maison de vacances.Les lieux, jamais rénovés auparavant, réservent toutefois leur lot de surprises. « La réhabilitation du bâtiment n’a pas été une mince affaire. Le rez-de-chaussée ressemblait à une grotte en terre battue et sentait très fort l’humidité. Nous avons très vite découvert que les murs avaient besoin d’être renforcés alors qu’ils menaçaient de s’écrouler », partage Karine. La professionnelle est toutefois parvenue à faire la maison de ses rêves en travaillant avec des artisans locaux, le tout pour un budget total de 200 000 euros.
10. Quand il faut remonter des murs en pierre
Lorsqu’ils ont finalisé l’achat de ce très beau mas provençal, Christine et Jean-Luc pensent que le plus dur est derrière eux. C’est avant de découvrir que la bâtisse est en réalité beaucoup plus dégradée que ce qu’ils pensent. « Elle ne disposait d’aucun confort moderne et devait être entièrement restaurée, avec une complète réorganisation intérieure », explique le propriétaire.Le couple se rend rapidement compte que même les murs ne tiennent pas debout. « Nous avons dû remonter les murs et tout consolider car les enduits étaient trop endommagés. Nous avons aussi rebâti en pierres le mazet d’origine et l’avons relié au reste du bâtiment, datant de 1950 », poursuit Jean-Luc. Le montant total de la rénovation s’est finalement élevé à 200 000 euros, mais le rendu en valait la peine.
11. Quand les sols ne sont pas au même niveau
Les propriétaires de ce 100 m² parisien en sont déjà à leur troisième rénovation d’appartement lorsqu’ils finalisent leur nouvel achat. Par manque de temps, ils décident cette fois de faire appel à l’architecte d’intérieur Charlotte Fequet pour les épauler. Cette dernière a finalement été d’une grande aide, notamment pour gérer les imprévus du chantier, et le couple ne regrette pas sa décision.« Lorsque nous avons détruit les cloisons dans toute la partie droite de l’appartement, rassemblant la salle à manger, la chambre parentale, la cuisine et la salle de bains, nous avons constaté que les sols des différentes pièces n’étaient plus au même niveau », raconte la professionnelle. Il a donc été décidé de déposer le plancher et les lambourdes d’origine et de poser un nouveau plancher en chêne sur toute cette surface de l’appartement. Des coûts supplémentaires ont été engendrés, mais le rendu est plus que satisfaisant.
12. Quand le sol n’est pas droit
Repérés sur Houzz par le propriétaire de ce studio parisien de 26 m², les architectes d’intérieur de l’Atelier Daaa se voient confier sa rénovation. Mais, au cours du chantier, de nouvelles difficultés viennent s’ajouter à celles déjà engendrées par la taille restreinte de l’appartement et les envies d’optimisation du propriétaire.« En réalisant le chantier, nous avons constaté que l’immeuble en pans de bois, datant du XVIIIᵉ, avait travaillé et que le sol présentait un dénivelé de 20 centimètres », explique Richard Guilbault, l’un des trois architectes d’intérieur. La planéité du sol a donc été restaurée avec la pose d’une chape puis d’un Bacadier, faisant grimper la facture finale du propriétaire à 85 000 euros.
13. Quand la façade s’effrite
Jean-François Revillon est architecte d’intérieur et cherche une maison de village à réhabiliter près de Toulouse quand il tombe sur cette bâtisse du XIXᵉ siècle flanquée d’un chai en toulousaines, les briques de terre cuite typiques de la région. Si le bâtiment dispose d’un charme fou, il réserve aussi de nombreuses surprises.« Lorsque nous avons retravaillé la façade qui donne sur la rue, nous avons découvert que les briques d’origine qui se trouvaient sous l’enduit étaient en très mauvais état », se remémore Jean-François. Pour éviter que les murs de la maison ne s’effritent, l’architecte d’intérieur décide donc de les recouvrir d’un bardage en douglas. Le rendu n’a pas manqué de faire parler les villageois alors que la bâtisse ne passe plus inaperçue dans le paysage.
14. Quand il faut reconstruire à l’identique
Quand elle met la main sur ce vieux hangar, Nadège Nari décide de mettre à profit son expertise d’architecte d’intérieur pour créer le loft de ses rêves. Mais, la restructuration des lieux s’avère plus onéreuse que prévu et le bâtiment est quasiment déposé pour repartir sur des fondations solides.En effet, elle constate rapidement que les murs en mâchefer et les fondations sont entièrement à reprendre, tout est à refaire. Impossible d’en profiter pour adapter le bâtiment à ses besoins et envies car le PLU impose une reconstruction à l’identique, qui respecte notamment quatre mètres de recul par rapport à la voie publique et une hauteur bien définie. Malgré tout, pour 280 000 euros tout compris (achat et rénovation), la professionnelle a réussi à créer un lieu d’exception.Découvrez le hangar transformé en loft de Nadège

ET VOUS ?
Avez-vous fait face à des imprévus lors d’un chantier de rénovation ? Racontez-nous votre expérience en commentaire.
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